Accoutrer (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XII e siècle, acoutrer, « disposer, mettre en place » ; XVI e siècle, « préparer, orner » ; XVII e siècle, au sens 2. Probablement dérivé de coutre. Du sens de « équiper d'un soc » est issu, par extension, celui de « équiper, préparer, disposer ».
1. Vieilli. Vêtir. On les avait magnifiquement accoutrés. Iron. On l'a joliment accoutré. Expr. fig. Il est accoutré de toutes pièces, on a dit beaucoup de mal de lui, il a été fort maltraité.
2. Habiller quelqu'un d'une façon étrange ou ridicule. Comme elle accoutre ses enfants ! Vous voilà curieusement accoutré. Pron. S' de vêtements d'un autre âge.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Habiller, parer. En ce sens, il a vieilli. On ne le dit guère que dans le langage familier et par une sorte de moquerie. "On l'a plaisamment accoutré. Vous voilà bien accoutré. Elle s'est accoutrée d'une manière bien ridicule."
Prov. et fig., "Cet homme est bien accoutré, accoutré de toutes pièces," Il a été fort maltraité, ou L'on a dit beaucoup de mal de lui.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Mettre des habits sur le corps de quelqu'un. On l'a plaisamment accoutré.

 2   Fig. Maltraiter en paroles ou en actes. Pendant son absence, on a parlé de lui, et on l'a accoutré de toutes pièces.
LA FONT.: « Le pèlerin.... de horions laidement l'accoutra »

 3   S'accoutrer, v. réfl. Cette femme n'a pas de goût, elle s'accoutre ridiculement.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
J. DE MEUNG: « Luxure confond tout là où ele s'acoutre »
    XVème siècle
AL. CHARTIER: « Et ses divers tours m'a monstrez, Biens et maulx ensemble accoustrez, Non pas petis, mais tous oultrez »
     l'Alch. à Nat. 42: Car d'eulx vous prenez la matiere, Et des cieulx la forme premiere Pour quanque soit que labeuriez, Ou à vos labeurs accoustriez
COMM.: « Quelque deux mille lances.... qui n'estoient point si bien acoustrez que ceulx de dedans Paris pour la longue paix qu'ils avoient eue »
COMM.: « Les mieulx parés et acoustrez qui pourroient estre »
COMM.: « Luy fist faire quatre grosses nefz qu'il luy fist acoustrer au port de la Vere [Hollande] »
    XVIème siècle
AMYOT: « Ils leur permettoient d'accoustrer leurs cheveux et embellir leurs armes et leurs habillemens »
AMYOT: « Pisistratus donna à entendre que ce avoient esté ses ennemis, qui l'avoient ainsi mal accoustré [blessé] »
AMYOT: « Il fit aussi accoustrer et fortifier le fort de Piraee »
AMYOT: « Toutes sortes de viandes exquisement accoustrées »
CARL.: « Ses gens lui avoient fait accoustrer à disner »

ÉTYMOLOGIE
    Berry, accoustrer (l's se prononce) ; bourguig. écoutrai ; provenç. acotrar. Mot d'origine obscure. Sylvius le tire de adconsternere ; Caseneuve, de cultellatus qui, dans le moyen âge, a signifié plissé, vestis cultellata, habillement plissé, et, de là, habillement en général ; mais rien n'indique que ce mot ait passé dans la langue vulgaire. D'autres le tirent de cotte, jupe, ancien allemand chozza. Génin le tire de coustre, cuistre, custos : Accoutrer, dit-il, c'est arranger, mettre en ordre, comme faisoit le coustre des ornements de l'église. On peut penser, à cause du sens et de l'orthographe, à coudre, cousu, cousture ; et Diez a donné cette étymologie. Il y a pourtant une objection : c'est le provençal acotrar, qui, dans cette hypothèse, devrait être acostrar. Il faut remarquer que les exemples cités par Raynouard appartiennent seulement à la Chronique des Albigeois, écrit qui est du XIIIe siècle ; on pourrait supposer qu'il est venu du français dans le provençal : mais cela n'est qu'une conjecture, et l'étymologie de reste incertaine.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Parer d'habits. En ce sens, il est vieux. On ne le dit guère que dans le langage familier, et par une sorte de moquerie. "On l'a plaisamment accoutré. Vous voilà bien accoutré."
Il s'emploie avec le pronom personnel. "Elle s'est accoutrée d'une manière bien ridicule."
Prov. et fig., "Cet homme est bien accoutré, accoutré de toutes pièces," Il a été fort maltraité, ou L'on a dit beaucoup de mal de lui.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Parer d'habits. En ce sens il est vieux, et il n'est guère d'usage qu'en style familier. "Vous voilà bien accoutré. On l'a plaisammentaccoutré".
On dit proverbialem. qu'"Un homme est bien accoutré, accoutré de toutes" "pièces," pour dire, qu'Il a été fort maltraité.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Parer d'habits. En ce sens il est vieux, & il n'a guère d'usage qu'en style familier. "Vous voilà bien accoutré. On l'a plaisamment accoutré."
On dit proverbialement, qu'"Un homme est bien accoutré, accoutré de toutes pièces," pour dire, qu'Il a été fort maltraité.




Emplacement dans le dictionnaire :

accourci
accourcie
accourcir
accourcissement
accourir
accourres
accourse
accoutré
accoutrement

accoutumance
accoutumé
accoutumer
accrédité
accréditer
accrediter
accrescent
accrétion
accroc
accrochage
accroche


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Usage du mot

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